Tartare de saumon et questions de couple

14012011

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Assis dans un coin tranquille à Leméac, je savourais le tartare de saumon à l’huile de truffes, qui fondait dans ma bouche…

Celles qui disent que manger un chocolat noir peut être plus orgasmique que l’amour n’ont pas gouté à un seul bout de ce plat !

Je fondais littéralement quand tout d’un coup, je me suis souvenue que je n’étais pas seule à table…

 

 

J’ai ouvert grand mes yeux et lui souris, gênée. Pour casser le malaise, je lui demandais alors ce qu’il recherchait dans un couple et dans une femme à ses cotés.

A 32 ans, je n’avais plus envie de perdre mon temps. Mon horloge biologique commençait à sonner et l’envie de me poser et de fonder une famille se faisait sentir. Quand j’avais encore 25 ans je riais de mes amies qui me décrivaient cette sensation mais le temps m’a rattrapée et ca ne me faisait plus rire maintenant.

 

Et la, j’avais en face de moi un homme riche de 40 ans, me récitant ce qu’il recherchait dans un couple. Et le peu que je pouvais dire, c’est qu’il avait une image bien définie en tête : il cherche une femme accomplie, une femme de carrière, avec des ambitions et des projets, indépendante, qui sait se débrouiller convenablement économiquement…

Et plus il parlait, plus je me rendais compte qu’il cherchait, au fait, un meuble (avec un vagin accessoirement) pour son appartement, un petit robot avec des seins qui ne le fera pas chier, qui ne lui demandera rien, qui ne touchera pas à sa fortune (ah surtout pas !), qui ne sera pas trop collante non plus, qui viendra le voir de temps en temps, qui ne fera pas trop de chichis ou de caprices, les enfants ? pas sur, etc.

 

Un mot de plus et je pense que j’aurai vomi. Et vomir sur ce tartare, n’etait pas une super idée.

 

Je regardais mon plat pendant qu’il me parlait.

J’avais envie de le déguster seule et calmement, mais ce n’était pas possible.

 

Je me suis alors penchée un peu vers l’avant, laissant entre-apercevoir mon beau décolleté plongeant et lui dis avec un beau sourire :

« Je suis impressionnée par ce que tu cherches… Mais malheureusement on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. Si c’est ca ce que tu recherches, je préfère rester fidele à mes doigts. Tu m’excuseras, mais la, je vais continuer à masturber mon palet avec ce plat exquis. »

 





Un esprit tordu dès l’enfance

31012010

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Ma mère m’appelait de plus en plus fort. Elle devait me chercher depuis plusieurs minutes car je sentais une impatience dans sa voix. 

J’étais au sous sol tout l’après midi à jouer avec mes petits jouets et mes dessins puis avec notre chien qui était descendu me voir. Je ne l’aimais pas ce chien, mais c’était le chien que ma mère a choisi donc il fallait le respecter et le traiter en toute dignité. Mais je ne l’aimais toujours pas. Il me dégoutait, me mettait hors de moi et rien que son odeur me donnait envie de le tuer.  

Quand ma mère est enfin arrivée au bas de l’escalier, elle resta bouche-bée, toute raide sur la dernière marche. J’ai alors levé lentement ma tête pour la regarder. Elle était complètement troublée, perdue, les mains tremblantes. Je lui souris puis continuai à colorier mes dessins. 

C’est alors qu’elle poussa un cri aigu et sordide. « Qu’as tu fais la ? Comment ?… » 

 

Je regardai alors à ma gauche puis la regardai de nouveau et lui sourit, le regard vide et le visage inexpressif.

J’avais envie qu’elle arrête de crier mais mon dessin me prenait toute mon attention.  Je n’avais pas envie d’être à sa place par contre. La vue ne devait pas être très belle. Le sous-sol pas très bien éclairé.  Son fils au centre, assis sur le sol, en plein milieu de plusieurs feuilles de dessin. A sa gauche le chien étendu, éventré, torturé et entaillé de partout, le sang l’entourant complètement. Elle ne savait plus vraiment qui elle avait devant ses yeux je suis sûr. Elle devait être complètement déboussolée et effarée de voir son fils devant elle avec son « fils adoptif poilu » à ses cotés… jisant mort. 

Elle devait se dire que son fils était un monstre. Et elle n’avait pas tord! Mais savait-elle à quel point je l’étais? Et à quel point je le serai plus tard? Etait-elle consciente que la machine infernale venait tout juste de se déclencher? 

 







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